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Le programme politique
du Mouvement de la majorité silencieuse (MMS)


Résumé en une phrase :
cool


C'est le système financier primitif et malhonnête que l'on doit corriger immédiatement et adapter à la technologie, afin de libérer les énergies sociales et individuelles.

eek

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coeur_tournant_sans_fond.gifLa 3ème voie - Une fraude globale contre les familles

Une fraude globale contre les familles

I- LES RAISONS D'UNE APPROCHE DIFFERENTE

1- L'économie défaillante

Un seul regard sur le monde nous révèle d’emblée des contradictions insupportables : des pans entiers de l’humanité abandonnés à une misère profonde, y compris dans les pays dits « riches », alors que par ailleurs s’étale une richesse insolente, des capacités de production toujours croissantes n’arrivent pas à enrayer des pénuries dramatiques, un génie humain qui se surpasse sans cesse, mais fait bon ménage avec l’inculture la plus totale dans des domaines vitaux. Scientifiques et intellectuels sont concernés au même titre que le citoyen lambda.

Il est aisé de démontrer que ces contradictions subsistent parce que une science, l’économie, n’a pas suivi comme les autres la voie du progrès.

2- Un choix moral

Un choix moral s’impose en préalable pour déterminer les finalités de l’économie. Doit-elle demeurer le champ de la débrouillardise individuelle ? et dans ce cas malheur au vaincu. Ou bien doit-elle avoir pour ambition la meilleure répartition possible des richesses à l’avantage de tous en faisant un compromis avec les aptitudes de chacun ?

3- Pour une meilleure répartition des richesses

Dans un monde en phase d’urbanisation croissante et rapide, les conditions de vie en autosubsistance tendent à disparaître. Chaque humain est bien incapable de produire lui-même ce dont il a besoin, ne serait-ce que l’essentiel. De sa conception à sa mort il est lié au corps social par une suite de relations d’abord, de transactions ensuite, qui assurent plus ou moins bien ses besoins vitaux. A l’état de fœtus il est nourrit par le sang maternel à travers le cordon ombilical, après la naissance, le liquide nourricier deviendra le lait maternel, ensuite après le sevrage et jusqu’à la mort, le liquide nourricier se transforme en liquidités monétaires qui, parce qu’elles remplissent une fonction vitale

méritent une attention toute particulière. On comprend aisément que toute interruption du flux nourricier à quelque étape que ce soit de la vie entraîne la mort du sujet. Une telle éventualité est-elle compatible avec une société civilisée ? certainement pas.

De la qualité de la solution qui va être apportée au problème de la relation de l'homme avec la monnaie, ou plutôt avec les autres hommes à travers la monnaie, dépend le futur de notre civilisation, sans doute même sa survie ou sa mort.

Le système économique actuel tue chaque année autant d'humains que la seconde guerre mondiale en cinq ans. c'est dire s'il est performant dans l'œuvre de mort.

Il réunit toutes les conditions pour favoriser les pires convulsions sociales, les égarements de toute nature, les guerres civiles, le désespoir parmi les jeunes. Certains signes sont déjà perceptibles comme l'accroissement de l'insécurité, de la délinquance, du taux de suicides, etc.

Nous n'avons pas le choix, il nous faut assurer une meilleure répartition des richesses, seule capable d'assurer à chacun une vie digne en mettant à sa disposition les bienfaits du progrès et en le libérant de l'angoisse des lendemains incertains.

A cette noble tâche, des gens de talent, sincères, s'y sont déjà employés sans parvenir pour autant à des résultats tangibles et durables. Pourquoi ?

4- L'approche doit être scientifique

L'approche de l'économie monétaire doit être scientifique, elle ne peut être orientée politiquement ou idéologiquement comme peut l'être l'économie générale. C'est pour avoir oublié cet impératif avec une constance soutenue que l'humanité voit s'aggraver tous les maux qui la rongent à l'aube du troisième millénaire. Comme la physique, l'économie obéit à des lois fondamentales, mais rassurons nous, elles sont beaucoup plus simples, car l'économie n'est que la science de la répartition. ces lois s'imposent toutefois avec autant de rigueur que celles de la physique et lorsque nous ne les respectons pas elles nous sanctionnent. Nul besoin de mathématiques supérieures pour les comprendre, laissons les économistes distingués se livrer à leurs calculs avec le succès que l'on sait.

En économie, comme en bien d'autres domaines, tout (ou presque) a déjà été dit. Mais l'enseignement de certaines vérités contraires aux intérêts des puissances financières est le plus souvent noyé dans un flot de considérations annexes qui en masque tout l'intérêt. La complexification artificielle des mécanismes monétaires rend leur compréhension inaccessible aux non initiés et constitue une arme supplémentaire au service des bénéficiaires du système.

Toute notre démarche consistera donc, non pas à édifier une nouvelle théorie, mais à extraire l'essentiel de ce qui a déjà été dit pour l'articuler dans un ensemble cohérent. Nous pourrons constater combien cette modeste démarche s'avère fructueuses en découvertes fécondes. Ainsi donc, si l'on abandonne au spécialiste l'étude des problèmes spécifiques qui peuvent être complexes, les bases fondamentales de l'économie monétaire sont très simples et peuvent être enseignées à un enfant de douze ans, ce qui contribuerait puissamment à sa formation de citoyen. Parvenir à ce niveau de vulgarisation économique est une exigence démocratique.

Aujourd'hui, le message économique transmis au peuple à travers l'université ou les médias est si éloigné des réalités qu'il fait du peuple un analphabète incapable d'exercer sa fonction de contrôle démocratique. Privé de savoir, désarmé, le peuple est saigné à blanc sans même être capable de réaction défensive.

II- L'ECONOMIE NON MARCHANDE

Les dysfonctionnement de l'économie marchande suscitent un regain de curiosité, voir d'intérêt pour l'économie dite "non marchande" ainsi nommée parce qu'elle ne donne pas lieu à marchandage. Elle génère une opération généreuse, à sens unique, sans estimation de la valeur. Il s'agit d'un don pour la fourniture d'un bien, ou du bénévolat pour un travail gratuit. La charité entre aussi dans ce cadre. Les associations caritatives et les ONG sont des acteurs de l'économie non marchande. L'influence de l'économie non marchande ne peut que rester très marginale. Elle compense les carences de l'économie marchande dans des situations extrêmes. Son extension est toutefois révélatrice de la mauvaise santé de l'économie marchande. L'économie non marchande ne peut se substituer totalement à l'économie marchande qu'à l'intérieur de la famille, du clan ou de la tribu. Au delà, le recours au troc ou aux transactions monétaires est inévitable.

III- L'ECONOMIE MARCHANDE

1- Le troc simple.

C'est la manière la plus simple d'effectuer une transaction, elle consiste en l'échange de marchandises estimées d'égale valeur. Toutefois cette opération impose une contrainte quasi insurmontable dans une économie moderne : il faut que chacun des deux interlocuteurs propose au même moment la marchandise désirée par l'autre. Pratiquement, les chances de réaliser une telle éventualité sont très faibles. Les chantiers de Saint-Nazaire vont construire le plus grand paquebot du monde. Des composants sophistiqués et des produits semi-finis extrêmement variés vont être acheminés du monde entier. Peut-on imaginer avoir recours au troc ? inutile d'y penser. Le troc n'est applicable que dans des cas très particuliers. Deux Etats, par exemple, prenant en main une opération commerciale, pourraient échanger du pétrole contre du café. Mais il ne s'agit dans ce cas, que d'une opération très simple portant sur des produits de base. Dans la quasi généralité des cas il faut recourir à un autre moyen.

2- Le troc en deux temps.

Le don et le troc simple ne pouvant se pratiquer que dans des cas très particuliers, comment résoudre le problème du troc lorsque l'un des deux interlocuteurs ne possède pas la marchandise qui convient ? Il n'a alors d'autre solution que de signer une reconnaissance de dette promettant pour plus tard la marchandise qu'il ne peut fournir dans l'immédiat.

Le troc s'opère alors en deux temps.

Premier temps : Fourniture d'une marchandise en échange d'une reconnaissance de dette (créance).

Deuxième temps : Fourniture d'une marchandise en sens inverse (la contrepartie) et destruction de la créance.

L'introduction du facteur temps dans le troc a permis de résoudre le problème, mais le système reste lourd à gérer. Le débiteur est tenu de fournir une marchandise précise qu'il devra produire ou obtenir par le recours à une autre transaction. De son côté le créancier peut toujours recouvrer plus rapidement la contrepartie marchande qui lui est due en cédant sa créance par endossement au nom d'un tiers fournisseur immédiat.

3- La transaction monétaire.

Ce type de transaction s'inscrit totalement dans la logique précédente du troc en deux temps à deux différences près.

La première concerne le débiteur. La reconnaissance de dette n'est plus un acte individuel signé par une personne mais devient un acte collectif. La collectivité prend le relais de l'individu pour fournir le bien ou service attendu.

La seconde concerne le créancier. La reconnaissance de dette qu'il détient n'est plus nominative, mais anonyme. Elle devient "au porteur". Elle est acceptée par tout le monde sans endossement. En un mot, la reconnaissance de dette individuelle s'est transformée en reconnaissance de dette collective, elle fait l'objet d'un contrat social et prend le nom de "monnaie".

Le troc en deux temps se décompose alors comme suit :

Premier temps : vente, c'est à dire échange d'une marchandise contre de la monnaie.

Deuxième temps : Achat, c'est à dire échange de la monnaie contre une autre marchandise.

Nous avons bien un troc en deux temps par échange marchandise/marchandise en passant par la double opération vente/ achat auprès de deux interlocuteurs différents.

Une observation lourde de conséquence doit être faite. De même que la reconnaissance de dette individuelle ne peut être émise que par la personne concernée, la reconnaissance de dette collective (ou monnaie) ne peut être émise que par un organisme officiel sous l'étroite surveillance de la collectivité nationale engagée à fournir les biens et services promis par la monnaie.

IV- LA MONNAIE.

1- Définition .

Le troc en deux temps par transaction monétaire permet de comprendre ce qu'est réellement la monnaie :

- Une créance sur la collectivité, vue du côté du porteur.

- Une reconnaissance de dette (en biens ou services), vue du côté de la collectivité.

Les différentes définitions données dans les livres d'économie ne permettent généralement pas d'accéder à une réelle compréhension de sa nature.

Voici par exemple quelques unes de ces définitions :

- Terme ambigu, la monnaie est en effet, un ensemble d'éléments complexes et non homogènes.

- La monnaie est constituée par l'ensemble des moyens de paiement dont disposent les agents économiques pour régler leurs transactions.

- La monnaie est un simple instrument économique.

- "…, la monnaie est un instrument indispensable à la réalisation des échanges…elle peut être considérée comme une créance dont le terme et la nature de la contrepartie seront déterminés par le choix de son détenteur…."

Une créance sur qui ? non précisé. Cette dernière définition apparaît malgré tout comme l'une des moins mauvaises. L'essentiel, non explicité, doit être extrait de plus d'une demi-page de considérations diverses d'intérêt secondaire.

La liste de tels exemples pourrait être longue. Si parfois l'essentiel est dit, c'est toujours d'une manière dissimulée qui empêche d'en appréhender la portée en première lecture.

La définition de la monnaie constitue le chapitre le plus lacunaire de l'économie monétaire. Or, il est impossible de théoriser solidement sur un élément mal défini et il n'est pas étonnant que en ce domaine l'obscurantisme règne en maître sur toute la société, y compris au sein de l'université.



2- Les trois fonctions de la monnaie.

a)- La monnaie a une fonction d'intermédiaire dans les échanges dont elle facilite considérablement la réalisation.

b)- La monnaie a une fonction de mesure de la valeur. Pour cela elle est fractionnée en unités de mesure ou unités monétaires, exemple : le franc, le dollar, le mark, etc. Ces unités de mesure doivent-elles être étalonnées sur une grandeur type immuable comme le sont les unités de mesure dans toutes les disciplines scientifiques ? C'est une question qui mérite d'être posée et traitée à part. Pratiquement la mesure de la valeur se fait par l'estimation ( ou le calcul ) du prix.

c)- La monnaie a une fonction de conservation de la valeur. Le troc en deux temps fait intervenir un intervalle de temps entre la vente qui permet l'acquisition de monnaie et l'achat qui permet l'acquisition d'un bien ou d'un service par l'utilisation de cette même monnaie. Théoriquement, la valeur de la monnaie ne devrait pas se dégrader durant cet intervalle de temps, quelque soit sa durée. La monnaie acquise lors de la vente au premier temps du troc devrait permettre d'acquérir des biens d' une égale valeur lors de l'achat au second temps. Historiquement, du fait de l'inflation cette exigence morale et technique n'a jamais été satisfaite. Les raisons en seront étudiées plus loin, mais retenons que ce manque de rigueur a un coût extrêmement lourd pour la société.

Par les trois fonctions qu'elle exerce, la monnaie apporte une liberté considérable dans les échanges, et par là, elle a vraisemblablement contribué largement au progrès humain.

3- Les différentes formes de monnaie.

Physiquement la monnaie prend trois formes :

a)- La monnaie divisionnaire : elle est représentée par les pièces dont la valeur peut varier de une fraction d'unité monétaire à quelques unités monétaires (5 centimes à.50 francs). La monnaie divisionnaire permet une estimation précise de la valeur.

b)- La monnaie fiduciaire. Ce sont les billets de banque (de 20 à 500 francs).

c)- La monnaie scripturale . Elle englobe tous les comptes courants bancaires ou postaux et permet les règlements par chèques.

La monnaie électronique se range dans la même catégorie.

4- La masse monétaire.

C'est l'ensemble de la monnaie en circulation , c'est à dire celle détenue par les particuliers (agents non financiers). Les pièces et billets détenus par les banques (agents financiers) ainsi que leur compte à la banque centrale ne sont pas recensés dans la masse monétaire. La détermination de la masse monétaire est simple, pensez vous, il suffit d'additionner les trois formes de monnaie précédemment décrites Mais apparemment, simplicité, clarté, logique, ne constituent pas des objectifs à atteindre. d'éminents économistes ont cru bon de répartir la masse monétaire en quatre agrégats M1, M2, M3, M4, dont la composition est donnée brièvement ci-dessous (pour mémoire):

L'agrégat M1 comprend les monnaies divisionnaire, fiduciaire et scripturale. Il est seul a avoir "pouvoir de règlement", c'est à dire à permettre de faire un achat avec pièces, billets ou chèque. M1 constitue la masse monétaire au sens strict du terme. Parce qu'il traduit la réalité c'est le seul agrégat que nous prendrons en considération dans la suite de notre raisonnement.

L'agrégat M2 englobe l'agrégat M1 plus ce que l'on appelle la "quasi-monnaie", c'est à dire les livrets de caisse d'épargne, les CODEVI et tous les placements mobilisables à vue mais non susceptibles d'être directement utilisés lors de transactions sur biens et services.

L'agrégat M3 s'obtient par adjonction à M2 des dépôts en devises, des placements à court terme négociables émis par les établissements bancaires, les placements à échéance gérés par les banques ou le trésor, et autres "produits" aux caractéristiques semblables.

L'agrégat M4 regroupe avec M3 les placements à court terme négociables émis par les agents non bancaires et l'épargne contractuelle gérée par les banques ( exemple: plan d'épargne logement). Cette épargne contractuelle peut être transformée à tout moment en moyen de paiement, mais sa conversion avant échéance fait subir à l'épargnant une perte financière importante.

Avec juste raison certains économistes, parmi lesquels Jacques Riboud, présentent comme une "faille de la pensée" la confusion entre ce qui EST monnaie et ce qui PEUT seulement se transformer en monnaie, entre ce qui a pouvoir de règlement et ce qui ne l'a pas. L'adjonction à M1 de trois agrégats supplémentaires : M2, M3, M4 introduit une confusion dans les esprits. Cette confusion est-elle innocente ? Elle a en tous cas pour résultat de décourager la curiosité du profane pour les problèmes monétaires et de l'inciter à s'en remettre aux "spécialistes".

On évoque la "titrisation" de la monnaie, cela signifie que des titres, s'ils sont monétisables assez facilement, peuvent être inclus dans la masse monétaire. La notion de monnaie se trouve diluée, ses frontières avec les autres formes de valeur deviennent floues. Le maraîcher qui à six heures du matin va au marché avec un quintal de carottes, les aura sans doute vendues, c'est à dire "monétisées", avant midi. Peut-on dire pour autant que les carottes SONT de la monnaie ? sûrement pas, car on ne peut rien acheter DIRECTEMENT avec des carottes. Le même raisonnement peut être tenu avec un livret de caisse d'épargne qui pourtant est inclus dans M2.

On comprend mieux maintenant l'une des définitions déjà donnée de la monnaie et qui s'inscrit dans la logique des agrégats:"Terme ambigu, la monnaie est en effet, un .ensemble d'éléments complexes et non homogènes".

On peut comprendre encore que des centaines de milliers d'étudiants ne comprennent rien aux problèmes monétaires, et leurs professeurs peut-être pas davantage. Nous allons découvrir que à la faveur de ce brouillard baignant la pensée économique, a été construit un système monétaire monstrueux pour le plus grand profit d'un petit nombre.

V- LE BILAN BANCAIRE.

La prétention à refonder l'économie monétaire exige une connaissance, non pas approfondie, mais au moins portant sur l'essentiel des mécanismes en vigueur. Ceux-ci ont été compliqués à l'envie avec pour résultat voulu ou non, mais certain, de décourager le profane de toute velléité de chercher à les comprendre. Sinon au prix d'une fatigue qui finit par faire accepter l'inacceptable. C'est pourquoi cette analyse s'efforce de simplifier et clarifier les choses pour mieux appréhender l'essentiel.

La connaissance du bilan bancaire est utile à la compréhension globale des mécanismes monétaires. Les différents postes du passif et de l'actif d'une banque peuvent être regroupés en quatre postes principaux.

Un bilan simplifié se présente donc comme suit :

A l'actif Au passif

Liquidités Emprunts

Créances Dépôts

- Les liquidités comprennent les pièces et billets détenus par la banque plus son compte en monnaie scripturale à la banque de France qui joue le rôle de banque des banques. Les liquidités sont immédiatement disponibles par la banque et lui permettent de faire face aux demandes de paiement au guichet.

- Les créances sur les emprunteurs constituent pour la banque une promesse de monnaie disponible à terme.

- Les emprunts bancaires contraignent la banque à effectuer des remboursements exigibles à terme.

- Les dépôts sont immédiatement exigibles par les déposants.

En volume, les deux postes principaux sont les créances à l'actif, et les dépôts au passif. Ainsi l'argent immédiatement exigible par les déposants est bien supérieur à l'argent immédiatement disponible par le banquier, mais, sauf panique, le risque d'une demande de retrait total des dépôts est pratiquement nul. Nous verrons plus loin que l'acceptation de ce déséquilibre permet aux banques de créer la monnaie.

Suivons l'évolution du bilan bancaire dans le cadre des opérations courantes.

(1) Bilan initial

Actif Passif

Liquidités 150 Emprunts 150

Créances 850 Dépôts 850

1000 1000

Supposons qu'un client dépose 10

(2) Nouveau bilan

Actif Passif

Liquidités 160 Emprunts 150

Créances 850 Dépôts 860

1010 1010

Supposons maintenant que à partir du bilan (2) la banque accorde un prêt de 40.

(3) Nouveau bilan avant retrait effectif de l'emprunt.

Actif Passif

Liquidités 160 Emprunts 150

Créances 890 Dépôts 900

1050 1050

Par création monétaire le banquier a porté 40 sur le compte de l'emprunteur, ce qui augmente d'autant le total des dépôts. Dans le même temps, le bilan est équilibré par l'apparition à l'actif d'une créance du même montant.

(4) Nouveau bilan après retrait effectif de l'emprunt.

Actif Passif

Liquidités 120 Emprunt 150

Créances 890 Dépôts 860

1010 1010

L'étude du bilan bancaire ci-dessus se situe dans le droit fil de l'enseignement officiel. Comparons les passifs des bilans (2) et (4), c'est à dire avant et après la procédure de crédit. Nous constatons que le banquier a pu prêter 40 sans faire d'emprunt nouveau ni diminuer le volume des dépôts. L'explication s'en trouve au bilan (3) où le banquier a fait apparaître à l'actif une créance nouvelle en "monétisant" par jeu d'écriture la promesse de remboursement de l'emprunteur (augmentation des dépôts de 40). Parce qu'elle ne correspond à aucune production ni service rendu, cette création monétaire est hautement contestable moralement (thèse de Maurice Allais). L'enseignement officiel nous présente ce type d'opération comme naturel et acceptable. A chacun d'en juger.

VI- LE COEFFICIENT MULTIPLICATEUR DE CREDIT

S'il le fallait, la théorie du multiplicateur de crédit apporte encore de sérieux arguments à la critique du système monétaire en vigueur. cette théorie est développée dans le livre "La monnaie" de Henry Guitton et Gérard Bramoullé, édition 1987, pages 115 à 124. Editeur Dalloz.

Le client d'une banque A dépose 1000 francs sur son compte.

Sur ces 1000 F la banque A va prêter 800 F et garder 200 F par sécurité.

Le rapport 200/1000 est appelé taux de couverture.

Dans la pratique le taux de couverture est le rapport :

Total des liquidités immédiatement disponibles / total des dépôts

L'emprunteur des 800 F va les dépenser et les 800 F vont être déposés par exemple dans une banque B.

A ce niveau nous pouvons déjà constater que les 1000 F initiaux ont donné naissance à 800 F supplémentaires, car le banquier A n'a pas pour autant retiré les 800 F du compte du premier déposant, le total des inscriptions monétaires est maintenant de :

1000 F + 800 F = 1800 F

Le phénomène va se poursuivre :

Sur les 800 F la banque B va garder 20 %, soit 160 F et prêter 640 F qui iront dans une banque C, laquelle à son tour va garder 128 F et prêter 512 F. Et ainsi de suite.

Pour simplifier le raisonnement nous avons considéré que toutes les banques avaient un taux de couverture de 20%, ce qui n'est pas forcément le cas dans la réalité mais ne change rien quant à la logique du système et à ses conséquences. Il en résulte que la "limite mathématique" de l'argent mis en circulation pourra atteindre 5 fois le dépôt initial de 1000.

Le rapport: dépôt final / dépôt initial = 5

est appelé coefficient multiplicateur de crédit.

On peut constater que le coefficient multiplicateur est l'inverse du taux de couverture

5 = 1 / 0,2

si le taux de couverture était de 10 %, le coefficient multiplicateur serait 10 = 1 / 0,1

Sur la démonstration précédente nous pouvons faire trois observations.

1- La banque de dépôt comme son nom l'indique , n'est que dépositaire de l'argent en compte courant. Lorsqu'elle l'utilise, elle outrepasse son droit.

2- Nous avons vu dans un premier temps que les 1000 F déposés à la banque A ont engendré 800 F à la banque B

1000 en A + 800 en B = 1800

il y a donc bien eu création monétaire. L'opération correcte eut été :

(1000-800) en A + 800 en B = 1000

donnant lieu à un simple transfert monétaire nécessitant l'accord du déposant pour effectuer un prêt.

Dans le cadre actuel du crédit le banquier commet un faux en écriture passible logiquement de sanction pénale. Transposée aux écritures, la création monétaire bancaire est exactement de même nature que la contrefaçon des billets de banque. C'est pourquoi dans son livre intitulé " L'impôt sur le capital et la réforme monétaire", éditeur Hermann, Maurice Allais consacre sur le sujet un chapitre intitulé "Les faux monnayeurs".

On pourrait penser que la banque A prend un risque en prêtant beaucoup plus qu'elle ne détient. En réalité, ce faisant, elle alimente les autres banques , lesquelles procèdent de même et alimentent en retour la banque A. Statistiquement les échangent s'équilibrent. Il suffit que chaque banque soit émettrice en fonction de son importance relative.

3- La monnaie est définie comme une créance sur la collectivité. En effet elle promet à son détenteur des biens ou des services qui seront fournis par la collectivité. Il revient donc à cette dernière de reconnaître sa dette, c'est à dire d'émettre les pièces, billets ou monnaie scripturale

Cette seule considération suffit à réfuter le principe de l'émission monétaire par les banques commerciales.

Il est à la fois aberrant et atterrant que les auteurs de la démonstration, comme une majorité d'économistes, ne parviennent pas à la conclusion qui s'impose. Cette réserve prudente contribue à la survie d'un système si peu justifié qu'il paraît invraisemblable qu'il ait pu traverser trois siècles d'histoire bancaire. Et cette invraisemblance nuit même à la crédibilité de la critique. Le mensonge est consolidé par son énormité. Sa dénonciation apparaît comme un piège. Comme disait Goebbels "Plus le mensonge est gros, plus il a des chances de passer"…mais c'est sans compter sur l'acharnement viscéral des humains à traquer la vérité.

VII – CREATION ET DESTRUCTION MONETAIRES

Les chapitres précédents ont mis en évidence la création monétaire par les banques de dépôts dans le cadre du crédit. La monnaie est considérée comme créée dès sa mise à la disposition de l'emprunteur par inscription sur son compte*. Inversement, elle est considérée comme détruite lors du remboursement. Mais à y regarder de plus près, cette destruction monétaire n'est que convention de langage. Une véritable destruction voudrait que le banquier supprime le signe monétaire. En réalité, le jour même de son dépôt en banque, le chèque de remboursement va à la compensation et son montant est crédité sur le compte de la banque à la banque centrale. La destruction réelle ne concerne que la créance figurant à l'actif du bilan bancaire.

Création et destruction monétaires constituent un privilège exorbitant acquis à l'usage par les banques (agents financiers). Seule la monnaie détenue par les ménages, les entreprises ou les collectivités locales (agents non financiers) est recensée dans la masse monétaire (agrégat M1). Selon la logique des mécanismes monétaires en vigueur: l'accroissement de M1 est égal à la création moins la destruction

Ainsi toute la monnaie en circulation n'est émise qu'à titre temporaire pour la durée du crédit. La collectivité est soumise à une terrible contrainte : celle de devoir s'endetter continuellement pour disposer de la monnaie socialement nécessaire. L'endettement peut se concevoir pour un particulier dont les besoins monétaires peuvent à un moment donné dépasser ses revenus réguliers, par contre, une question est posée : pourquoi la collectivité nationale qui produit toutes les richesses réelles devrait-elle s'endetter et payer un intérêt pour avoir le droit de consommer collectivement à travers son budget, une part de sa propre production ?

Aucun particulier n'accepterait de payer un taux d'intérêt chaque fois qu'il tire un produit de son jardin. Pourtant, collectivement, nous paraissons atteints de cécité. Nous assurons aux banques des revenus considérables sans recevoir la moindre contrepartie d'une production quelconque ou d'un service rendu. Ce jugement porte uniquement sur la création monétaire. Les banques ont par ailleurs une fonction d'intermédiaire financier entre un prêteur et un emprunteur et elles gèrent les comptes des déposants. Ces deux dernières activités parfaitement justifiées, sont suffisantes pour leur assurer des profits substantiels.

Les banques centrales, dites aussi "institut d'émission", ont pour fonction, entre autre, de créer la monnaie. Or, il faut savoir que l'article 104 du traité de Maastricht leur interdit de remplir cette fonction essentielle.

La banque centrale européenne (BCE) prend des décisions portant sur la régulation monétaire, le niveau des prix et des taux d'intérêt. Les conséquences de ces décisions sont de première importance pour les peuples. En accordant l'indépendance aux banques centrales, l'article 107 laisse les coudées franches aux gouverneurs et réduit les capacités d'intervention des peuples concernés.

Enfin l'article 27 du protocole sur les statuts de la BCE stipule que les commissaires aux comptes chargés de son contrôle devront être recommandés et agrées par le conseil des gouverneurs de cette même banque. Cela ressemble fort à un auto-contrôle !

L'ensemble de ces dispositions semble relever davantage du secteur d'activité des juges Eva Joly et Van Ruynbeck que de l'économie.

Aucun de ces points n'ayant été abordé pendant la campagne pour le référendum sur le traité de Maastricht, quel crédit peut-on accorder à une décision prise par les français sur le fil du rasoir? Peut-on décemment continuer sur cette lancée?

* chapitre 5 – bilan (3)

VIII – LA VITESSE DE CIRCULATION MONETAIRE

C'est un facteur important à prendre en considération pour comprendre l'équilibre monétaire. Chaque année dans le pays sont effectuée un certain nombre de transactions T, à un prix moyen P. Pour effectuer ces transactions d'un montant total TxP nous disposons d'une masse monétaire M. La valeur TxP étant bien supérieure à M il faudra que chaque unité monétaire soit utilisée plusieurs fois, autrement dit qu'elle soit douée d'une certaine vitesse de circulation V.

L'ensemble des transactions étant effectué avec la monnaie disponible, nous pouvons écrire l'égalité suivante : TxP = MxV

dans laquelle V exprime le nombre de fois dans l'année où une unité monétaire est utilisée dans une transaction, c'est pourquoi V est appelée vitesse-transaction. Mais cette égalité présente un inconvénient : les valeurs T et P sont difficilement quantifiables.

C'est pourquoi, plus récemment a été établie une autre relation plus proche des réalités économiques et prenant en compte, non plus le total des transactions mais seulement celles relatives aux services et aux produits finis. La valeur de la production finale et des services est connue sous le nom de produit intérieur brut (PIB). Le PIB exprime également le revenu national désigné par la lettre Y (symbole anglo-saxon). La nouvelle relation s'écrit V = Y/M

dans laquelle V exprime le nombre de fois dans l'année où une unité monétaire a été utilisée dans une transaction concernant un produit ou un service recensés dans le revenu national.

V est alors appelée vitesse-revenu.

La vitesse-transaction est 8 à 20 fois supérieure à la vitesse-revenu. En 1999 le revenu national a été de 8833 Milliards de francs, la masse monétaire 1865 Mds.

V = Y/M = 8833/1865 = 4,73

Cette valeur est assez constante, elle varie entre 3 et 5 selon l'abondance de monnaie sur le marché, les fluctuations de l'économie ou les changement d'habitudes. Ainsi par exemple, faire passer le versement des salaires de la quinzaine au mois réduit la vitesse de circulation et peut justifier une émission monétaire.

Maurice Allais, l'un des rares économistes à avoir su déceler la perversité de notre système monétaire, et à avoir eu le courage de le dénoncer publiquement, préconise avec juste raison l'obligation pour les banques de respecter un taux de couverture de 100 %. Il est évident que cette mesure interdisant aux banques de prêter plusieurs fois le même signe monétaire aurait pour effet de gonfler leur compte de liquidités. L'accroissement de cette monnaie oisive réduirait la vitesse de circulation monétaire. La relation V = Y/M s'imposant par la force des choses, il faudrait augmenter M pour ne pas nuire au revenu national Y. On peut supposer avec une quasi certitude qu'une émission monétaire par la banque centrale s'imposerait pour conserver la même quantité de monnaie disponible (MxV) à la disposition des agents non financiers. Comme on peut le constater, l'application de cette mesure "hautement morale" ne pose aucune difficulté technique. Il s'établirait, tout simplement, un nouvel équilibre monétaire.

IX – LA REGULATION MONETAIRE

La régulation monétaire intervient sur la quantité de monnaie en circulation pour parvenir à des objectifs portant sur la croissance et l'inflation.

1- Dans le cadre du système actuel les objectifs visés sont une croissance soutenue et une inflation maintenue à 2 %. La banque centrale n'étant pas émettrice, elle va essayer d'intervenir sur l'émission des banques privées par les moyens suivants :

- Le réescompte de créances détenues par les banques. Les créances sont remboursées aux banques avant échéance au prix d'un certain taux de réescompte.

- Les interventions sur le marché monétaire interbancaire consistent à accorder aux banques des prêts à des conditions fixées par la banque centrale.

- Les opérations d'open-market. La banque centrale vend ou achète des titres aux banques commerciales. Ainsi elle injecte (si elle achète) ou retire (si elle vend) de la monnaie dans le circuit bancaire.

- Les réserves obligatoires font obligation aux banques de conserver une certaine fraction de leurs dépôts sur un compte non rémunéré à la banque centrale

- L'encadrement du crédit. En ce cas, le volume, le coût et les conditions d'attribution du crédit sont directement réglementés par les autorités monétaires.

A l'exception de l'encadrement du crédit auquel l'Etat n'a d'ailleurs plus guère recours, les autres moyens agissent de manière indirecte et sont d'une efficacité très relative, ce qui tend à expliquer que les réalités économiques échappent si souvent aux objectifs assignés. Ces dispositions laissent croire que la banque centrale assure la régulation monétaire, alors que en réalité, les banques commerciales ont une part essentielle dans l'exercice de cette fonction. L'ensemble de ces moyens relève de l'empirisme le plus total.

2- La théorie quantitative, solution alternative.

Cette théorie échafaudée dès le XVIeme siècle par Navarrus et Jean Bodin, est d'une simplicité extrême. Elle énonce que la qualité (pouvoir d'achat) de la monnaie est inversement proportionnel à sa quantité.

La théorie quantitative enseigne que la masse monétaire doit être indexée sur le PIB, mais on peut observer que celui-ci varie également comme le produit : T x p avec :

T = temps de travail social annuel

p = taux de croissance annuel de la productivité.

Ces deux indicateurs économiques sont très faciles à déterminer. Le temps de travail est l'ingrédient universel de tout ce qui a de la valeur et se négocie (biens ou services). L'indexation de la masse monétaire sur le produit T x p permettrait une régulation monétaire d'une rigueur scientifique.

Si on augmente arbitrairement la masse monétaire, la valeur de chaque unité monétaire (UM) se dépréciera. A moyen ou long terme, la théorie quantitative a toujours été vérifiée par les faits. A court terme elle peut être transgressée avec prudence si la production réelle est inférieure aux capacités de production. Dans ce cas, une émission monétaire anticipée peut constituer un puissant moyen de relance économique.

Réponses à quelques critiques de la théorie quantitative :

- Elle est simple, voir simpliste, la réalité est plus compliquée.

Eh bien tant mieux si simplicité et clarté investissent le domaine économique. Ces qualités ne peuvent être gênantes que pour les requins en eau trouble.

- Elle est ancienne, dépassée.

Moins ancienne que le principe d'Archimède qui reste vrai.

- Elle est trop restrictive.

Faux, puisque l'accroissement monétaire est proportionnel à l'accroissement de la production ou aux capacités de production. C'est au contraire le système actuel qui risque d'être trop restrictif ( ou trop prodigue) puisque l'émission monétaire reste suspendue au comportement des emprunteurs.

Le grand intérêt de la théorie quantitative est qu'elle apporte une garantie absolue contre l'inflation sans compromettre la croissance. Elle constitue une arme puissante pour maintenir la stabilité des prix. L'une des idées fausses ( parmi d'autres) véhiculée par la pensée dominante est que pour obtenir la croissance, il faudrait se résigner à l'inflation. Rien n'est moins vrai. Au printemps 2000, une inflation de 1,5 % génère une hausse des taux d'intérêt d' au moins 2 %. Sur 14000 milliards d'endettement intérieur total cela fait 280 milliards ! Pour l'essentiel ce prélèvement supplémentaire opéré par les organismes prêteurs va gonfler les cours de la bourse. On peut raisonnablement penser que si ces 280 milliards restaient dans l'économie réelle, ils contribueraient bien davantage à la croissance et à l'élévation du niveau de vie des gens.

Dans le système actuel, la monnaie nécessaire à la croissance ne peut être obtenue que par l'endettement suivi nécessairement par le remboursement (capital + intérêts) générateur de contraction monétaire, donc de récession. Pour y échapper il faudra s'endetter encore davantage. Notons que au printemps 2000, pour une croissance du PIB de 3%, la croissance de l'endettement des ménages était de 8% et celle des entreprises de 14%. Le remboursement sans fin d'une dette sans fin contribue à un appauvrissement général. Il est vrai que dans ce processus démentiel l'inflation peut apparaître salvatrice en refoulant dans le futur mais en aggravant les vraies difficultés. Après tout, pour ceux qui en profitent, n' est-ce pas l'essentiel ?

X –UN DROIT ECONOMIQUE : LA CREATION MONETAIRE

La communauté nationale produit, ou pourrait produire tout ce dont elle a besoin. Elle vit en autosubsistance et ses échanges avec l'extérieur sont équilibrés. Pour cette raison, elle a le droit, et le devoir à l'égard de ses membres de se rétribuer sous forme monétaire en contrepartie de sa production sous forme de biens ou services. Il faut donc qu'elle soit dotée d'un organisme public pour remplir la fonction de création monétaire. Cet organisme public existe en France depuis 1800 : c'est la banque de France. Jusqu'en 1973, celle-ci a procédé à des émissions monétaires restreintes, dites aussi "avances légales au trésor". Cette monnaie était injectée dans le budget national, elle était donc propriété collective avant de devenir par une cascade de transactions propriété d'un particulier. Dans ce schéma, si toute la monnaie était émise par la banque de France, la société civile serait statistiquement propriétaire de toute la monnaie, ce qui paraît tout à fait justifié. Le crédit s'opère alors entre deux particuliers, le banquier n'est qu'intermédiaire. Les taux d'intérêt vont d'un particulier à l'autre, ils restent au sein de la société civile qui ne s'endette pas à l'égard des banques, lesquelles se rémunèrent par la différence des taux d'intérêt.

Dans le système actuel, le crédit s'opère entre le banquier, créateur et prêteur de monnaie, et un particulier emprunteur. Globalement, il se forme un flux de taux d'intérêt à sens unique allant de la société civile vers le réseau bancaire, propriétaire de toute la monnaie. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En France, au printemps 2000, l'épargne s'élevait à 3870 milliards de francs (MdF), l'endettement intérieur total à 14000 MdF. Les taux d'intérêt portant sur une différence de plus de 10000 MdF. vont nourrir grassement les institutions financières sans justification réelle.

Sous la pression des milieux financiers, parfaitement secondés par l'université et l'ensemble de la classe politique, le droit de création monétaire, élément pourtant fondamental de la connaissance économique, s'est peu à peu estompé de la conscience collective.

L'enseignement économique exclut la réflexion sur le bien-fondé des mécanismes existants. Il se limite à leur description et essaie de les justifier. En l'an 2000, la pensée économique repose sur des dogmes comparables à l'affirmation que la terre est plate ! Ce décalage avec le développement des autres sciences risque de conduire l' humanité vers de terribles convulsions.

XI-UN PROBLEME D'ARITHMETIQUE ELEMENTAIRE

Comment se peut-il que à notre époque où les progrès sont fulgurants, on ne puisse trouver la solution juste à un problème d'arithmétique élémentaire d'une portée sociale majeure.

Supposons que l'on demande à un salarié de payer au banquier un taux d'intérêt sur le montant de son salaire pour avoir le droit d'en disposer. Il est plus que probable qu'il refuserait avec indignation. La même exigence à l'égard de tous les salariés provoquerait un tollé général, une révolution. Et au-delà du salariat les réactions seraient les mêmes.

Alors que, individuellement, devant l'évidence, nous aurions la sagesse de refuser le paiement d'une redevance injustifiée, nous commettons la folie, collectivement, d'en accepter le paiement parce que l'évidence disparaît. Et pourtant, arithmétiquement, le résultat est exactement le même, chacun devant payer sa quote-part. Toute la monnaie en circulation n'a d'autres sources que l'endettement, soit de l'Etat, soit des entreprises, soit des particuliers. Il en résulte que pour avoir le droit d'utiliser l'argent gagné par leur travail sous forme de salaire ou autres revenus, les français doivent payer des intérêts sur plus de 10.000 milliards de francs, soit plus de quatre fois le montant de la masse monétaire. Pour chaque personne active, le montant de ces intérêts indus s'élève en moyenne à 20.000 francs par an, soit la modique somme de 800.000 F en 40 ans de carrière.

Pour obéir à une règle rationnelle, la rémunération du travail devrait se faire en deux temps.

1er temps : Une rémunération collective par émission de monnaie centrale non remboursable et sans intérêts. Le volume de cette émission constituerait l'appoint pour obtenir la masse monétaire optimale. Les avances légales au Trésor accordées jusqu'en 1973, remplissaient très partiellement cette fonction.

2eme temps : Une rémunération individuelle par répartition de la rémunération collective. Salaires et revenus seraient alors fort justement, exempts de toute dette. La rémunération individuelle que nous connaissons est amputée par l'impôt, des charges financières de l'Etat, de la région, de la commune.

Aujourd'hui, l'impasse est faite sur la rémunération collective à laquelle est substitué l'endettement.. Il s'agit là d'une gigantesque escroquerie, c'est le crime (économique) parfait puisqu'il ne laisse pas de trace comme le commerce de la drogue. Les revenus de toute nature sont simplement assujettis à un endettement frauduleux. Le terme "argent sale"n' a-t-il pas un sens infiniment plus large qu'on ne le pense ? On peut se poser la question.

Précisons que l'endettement individuel n'est pas contestable si un particulier veut à un moment donné plus de monnaie que ne lui en procurent ses revenus réguliers ou légitimes. Ce qui est contestable, c'est que la rémunération de l'activité économique soit assujettie à taux d'intérêts du fait de l'endettement de l'Etat.

XII- SOLUTIONS ET PRINCIPES FONDAMENTAUX

1- Pour attribuer à notre système monétaire la vertu d'honnêteté que nous sommes en droit d'attendre, les solution à retenir (déjà esquissées) sont très simples et faciles à mettre en œuvre.

a)- Retirer aux banques commerciales le pouvoir de créer la monnaie en leur imposant, comme le préconise Maurice Allais, un taux de couverture de 100 %, ce qui suppose que les liquidités immédiatement disponibles figurant à l'actif du bilan bancaire soient toujours égales ou supérieures au montant des dépôts (voir chapitre V). Un tel résultat ne peut être obtenu que si tous les prêts sont couverts par des emprunts. Les banques resteraient alors pleinement et uniquement dans leur fonction d'intermédiaire financier. Deux contrôles bancaires par an paraissent nécessaires pour s'assurer du respect de ces dispositions.

b)- Transférer intégralement le pouvoir de création monétaire à la banque centrale qui dans le passé ne l'a jamais possédé que très partiellement. Il faut rappeler que la monnaie centrale est émise sans intérêts et qu'elle n'est pas remboursable. Elle constitue une rémunération collective de la nation proportionnelle à l'accroissement de la production.

2- La plus grande part des maux qui frappent l'humanité a pour cause l'ignorance ou le mépris dans lequel on tient deux grands principes économiques fondamentaux.

a)- Production marchande et création monétaire sont conditionnées l'une par l'autre et relèvent toutes deux de la communauté nationale.

Aujourd'hui la corporation bancaire, créatrice de monnaie en fait payer très cher l'usage à la nation productrice des richesses réelles.

b)- Parce que la création monétaire revient de plein droit aux nations, celles-ci n'ont aucune raison de s'endetter. L'endettement des nations n'est que pure escroquerie.

Evidemment, à l'heure où l'endettement des nations atteint des valeurs astronomiques, une telle affirmation heurte de plein fouet toutes les idées reçues et peut-être provoquera-t-elle des clameurs. Qu'importe. l'objectif ici était d'apporter tous les éléments théoriques pour d'abord, se débarrasser des idées reçues, et ensuite, permettre une refondation du système monétaire sur des bases plus saines.

XIII- LA NECESSAIRE INTERVENTION CITOYENNE.

La connaissance et l'analyse correcte des mécanismes monétaires constituent un outil puissant pour transformer la société, lui faire accomplir les progrès indispensables. Mais cet outil n'est utile que si l'on s'en sert. Comment ? En vulgarisant connaissance et analyse dans le public, en intervenant auprès des élus et des universitaires. L'enseignement universitaire diffuse la connaissance de ce qui EST, mais s'abstient de toute analyse critique sur sa validité. Est-ce de l'aveuglement ou de la complicité ? auquel cas on pourrait presque parler d'association de malfaiteurs. Le message à faire passer auprès du grand public, même le moins averti, est très simple. Il consiste à dénoncer l'escroquerie financière fondée sur la rétention de monnaie centrale gratuite pour contraindre la société à s'endetter auprès des institutions financières, sachant que la monnaie centrale est due à la nation parce qu'elle constitue une rémunération collective du travail.

Seule une large intervention citoyenne parviendra à bousculer l'ordre établi qui conduit notre civilisation dans l'impasse. Des dizaines de millions d'humains "éliminés" par la misère, 120 millions vivant sur des tas d'immondices en périphérie des mégapoles, des centaines de millions diminués par des maladies non traitées, des milliards flirtant avec le seuil de pauvreté, la violence qui se banalise, nous pourrions payer très cher notre inertie. Aujourd'hui le système monétaire affaiblit le pouvoir d'achat plus vite que le progrès scientifique(pourtant rapide) ne le fortifie. De nombreux conflits ont jalonnés l'histoire pour rendre notre monde plus hospitalier, mais aucun d'eux n'a jamais eu l'importance de celui portant sur la question monétaire.

Au moyen age la terre appartenait au seigneur, les serfs la travaillaient, les revenus allaient au seigneur. L'ordre social était maintenu par la force.

Aujourd'hui les peuples créent les richesses réelles, les banquiers créent la monnaie, les peuples doivent emprunter la monnaie, les revenus vont au banquier. L'ordre social est maintenu par stratagème.

Le système en place n'a besoin que du statu quo pour se maintenir. Le silence n'est pas neutre. Rester indifférent, c'est participer au crime contre la société que constitue l'acceptation des causes de son délabrement croissant.

Il nous faut voir, comprendre et agir sur la réalité. Lorsque nous ne le faisons pas ou le faisons mal, la réalité nous donne la réponse que nous méritons.

Alors, selon nos moyens, renforçons l'intervention citoyenne pour mériter un monde meilleur.

http://www.yhad.org/yhad_eco/comprendre/fragments/accueil-jd.htm

www.finality.ch

www.familiaplus.com


Date de création : 28/09/2004 : 00:16
Dernière modification : 16/04/2007 : 10:04
Catégorie : La 3ème voie


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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par clc le 17/04/2007 : 09:57

<$­shy;tABLE wid­th=633 border=1> <$­shy;tBODY> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Les dieux du crépuscule

Cet ouvrage d’Alexis ARETTE, paru en l997 aux Editions Godefroy de Bouillon, constitue un livre de base de l'Alliance Sociale. L’analyse des causes fondamentales de la dérive de notre société, qu’y a brossée l'auteur, constitue une excellente initiation pour mieux comprendre les évènements mondiaux qui nous mènent au désastre .Un livre de référence et un livre à offrir aussi.

<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Alexis ARETTE<$­shy;/tD> <$­shy;tD>God.de Bouillon<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Les damnés de la terre<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Alexis ARETTE<$­shy;/tD> <$­shy;tD>God.de Bouillon<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>L'Eternel et le temps des dieux<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Alexis ARETTE<$­shy;/tD> <$­shy;tD>God.de Bouillon<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Une économie au service de l'homme<$­shy;/tD> <$­shy;tD>P.AUNAC<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Harmattan<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Le Compagnonnage<$­shy;/tD> <$­shy;tD>B. de CASTERA<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Que sais-je ?<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Culture, Ecole, Métier<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Henri CHARLIER<$­shy;/tD> <$­shy;tD>N.E.L.<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La réforme politique<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Henri CHARLIER<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Dom.M.Morin<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Aux sources de l’erreur libérale<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Ouvrage Collectif<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Age d'homme<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La Subsidiarité<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Collectif<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Editions de Paris<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La fin d'une civilisation<$­shy;/tD> <$­shy;tD>M. de CORTE<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Remi Perrin<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>L'ordre social chrétien<$­shy;/tD> <$­shy;tD>J. DAUJAT<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Beauchesne<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Les ouvriers de la XIème heure<$­shy;/tD> <$­shy;tD>J. DUTRIEUX<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Ecrivains associés<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Les fondements du XXIème s.<$­shy;/tD> <$­shy;tD>André GANDILLON<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Roudil<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Le corporatisme, solution d'avenir<$­shy;/tD> <$­shy;tD>B.GUILLEMAIND<$­shy;/tD> <$­shy;tD>H.& M.<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Libéralisme - Socialisme: 2 frères ennemis<$­shy;/tD> <$­shy;tD>B.GUILLEMAIND<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Tequi<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>L'impôt sur l'énergie<$­shy;/tD> <$­shy;tD>B.GUILLEMAIND<$­shy;/tD> <$­shy;tD>H.& M.<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La solution sociale<$­shy;/tD> <$­shy;tD>G. THIBON<$­shy;/tD> <$­shy;tD><$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Le nationalisme économique<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Sarlon Malassert<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Ed Chiré<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La monnaie dévoilée<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Galand -Grandjean<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Harmattan<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Vers un ordre social chrétien<$­shy;/tD> <$­shy;tD>LA TOUR du PIN<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Trident<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La Révolution française<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Mgr FREPPEL<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Trident<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Sociétés secrètes<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Epiphanus<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Courrier de Rome<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La France, malade du corporatisme<$­shy;/tD> <$­shy;tD>S. KAPLAN<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Belin<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La fin des Corporations<$­shy;/tD> <$­shy;tD>S. KAPLAN<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Fayard<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Pour qu'Il règne<$­shy;/tD> <$­shy;tD>J. OUSSET<$­shy;/tD> <$­shy;tD>C.L.C.<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Les deux patries<$­shy;/tD> <$­shy;tD>J.de Viguerie<$­shy;/tD> <$­shy;tD><$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Les deux démocraties<$­shy;/tD> <$­shy;tD>J. Madiran<$­shy;/tD> <$­shy;tD>N.E.L.<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Fondations de la France<$­shy;/tD> <$­shy;tD>M.de Penfentenyo<$­shy;/tD> <$­shy;tD>C.L.C.<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Histoire des chrétiens sociaux<$­shy;/tD> <$­shy;tD>A. MURAT<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Ulysse<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>La Révolution corporative spontanée<$­shy;/tD> <$­shy;tD>J. PAILLARD<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Ulysse<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Alimentation, Santé, Ecologie<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Collectif<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Editions de Paris<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Libéralisme Socialisme<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Louis SALLERON<$­shy;/tD> <$­shy;tD>C.L.C.<$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Sept repères pour une politique chrétienne<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Georges YAKOVLEV<$­shy;/tD> <$­shy;tD> <$­shy;/tD><$­shy;/tR> <$­shy;tR> <$­shy;tD>Maurice Maignen, apôtre du monde ouvrier<$­shy;/tD> <$­shy;tD>Pères Corbon et Zordan<$­shy;/tD> <$­shy;tD> <$­shy;/tD><$­shy;/tR><$­shy;/tBODY><$­shy;/tABLE>



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La monnaie

« La création de monnaie de rien actuelle par le système bancaire est identique … à la création de monnaie par des faux monnayeurs. ...»

Maurice Allais
Physicien et économiste
Prix Nobel d'économie en 1988
•      « La crise mondiale aujourd'hui »
(Ed. Clément Juglar 1999).

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